Faire entendre la voix des seniors
Chères et chers membres,
En cette fin d’été, je ressens le besoin de partager avec vous une réflexion qui m’accompagne depuis quelque temps : quelle place voulons-nous continuer à prendre, nous les seniors, dans la société d’aujourd’hui ? Ce n’est pas une question abstraite. Elle touche à notre quotidien, à notre dignité et à la manière dont nous souhaitons être regardés et entendus.
Au fil de mes rencontres, je suis souvent touchée par la force tranquille de nos membres. Je pense à celles et ceux qui rendent encore service dans leur voisinage, qui gardent le lien avec leurs enfants et petits-enfants, qui s’engagent dans une association ou qui prennent simplement le temps d’écouter quelqu’un. Ces gestes ne font pas toujours de bruit, mais ils tiennent une place immense dans la vie de nos familles, de nos communes et de notre société.
J’ai aussi une pensée toute particulière pour les proches aidants. Beaucoup d’entre vous savent ce que cela signifie : être présent jour après jour, veiller, organiser, rassurer, parfois s’inquiéter en silence. On le fait souvent par amour, par loyauté, parce que cela semble aller de soi. Mais derrière cette évidence, il y a aussi de la fatigue, des renoncements et parfois un sentiment de solitude.
Le chiffre selon lequel près d’un senior sur trois décéderait avant la personne qu’il accompagne m’a profondément interpellée. Je ne peux pas le lire comme une simple statistique. J’y vois des visages, des histoires, des personnes qui donnent beaucoup d’elles-mêmes et qui ont, elles aussi, besoin d’être soutenues, écoutées et reconnues.
C’est pour cette raison que je tiens à vous encourager personnellement à participer à l’enquête Senaid, dont le fascicule est joint à ce bulletin. Votre expérience a de la valeur. Votre parole peut aider à mieux comprendre ce que nous vivons réellement : les besoins, les inquiétudes, les petits obstacles du quotidien, mais aussi les ressources sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. Chaque réponse compte, parce qu’ensemble, nos voix portent plus loin.
Je sais aussi combien certaines démarches administratives peuvent devenir pénibles. Il suffit parfois d’un formulaire incompréhensible, d’un remboursement qui tarde ou d’une réponse impersonnelle d’un assureur pour se sentir découragé. Dans ces moments-là, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide, à poser des questions et à rappeler que nous avons des droits. Personne ne devrait se sentir abandonné face à ces démarches.
Je souhaite également relever une mesure qui peut vraiment changer quelque chose dans la vie quotidienne. Depuis le 1er juillet 2026, une aide financière cantonale peut soutenir l’adaptation des logements afin de favoriser le maintien à domicile. Pour beaucoup d’entre nous, rester chez soi n’est pas seulement une question pratique : c’est garder ses repères, ses habitudes, son indépendance. Je vous invite donc à vous renseigner sur le site de l’État de Vaud, afin de voir si cette aide peut vous concerner, vous ou l’un de vos proches.
http://www.vd.ch/alo
Je suis convaincue que nous avons encore beaucoup à dire, à transmettre et à défendre. Notre expérience compte. Notre solidarité compte. Et notre voix, lorsque nous nous faisons entendre ensemble, peut réellement faire bouger les choses.
Je vous remercie pour votre fidélité, votre confiance et tout ce que vous apportez, chacune et chacun à votre manière.
Je vous souhaite chères et chers membres de l’UREV, une belle lecture de ce bulletin, ainsi qu’un automne doux, paisible et entouré.
Monika Mosbahi, Présidente